C.R.R

Certificat restreint de radiotéléphoniste : dans quels cas est-il obligatoire

Le certificat restreint de radiotéléphoniste est exigé dès que vous naviguez hors des eaux territoriales françaises ou à l'étranger, quel que soit le type d'équipement radio embarqué, fixe ou portatif. Cette règle découle des textes internationaux et non de la réglementation nationale, ce qui explique que le permis plaisance français ne soit pas reconnu dans ce cadre. Un projet de croisière vers les Baléares, les côtes anglaises ou l'Italie impose donc d'anticiper cette formalité plusieurs mois avant le départ.

Dans les eaux territoriales françaises, la situation est plus nuancée et prête à confusion. Une VHF portative sans appel sélectif numérique, d'une puissance inférieure ou égale à 6 watts, ne réclame aucun certificat d'opérateur depuis 2011. Dès que l'installation comporte une VHF fixe ou une portative équipée de l'appel sélectif numérique, il faut détenir soit le permis plaisance option côtière, soit le C.R.R. Les deux sont alors équivalents et il est inutile de cumuler. Précisons enfin qu'il existe une version fluviale de ce certificat : le C.R.R. maritime reste valable sur les voies navigables intérieures, alors que le C.R.R. fluvial ne couvre pas la mer.

Examen du C.R.R. : format, barème et inscription auprès de l'ANFR

L'examen du C.R.R. est organisé par l'Agence nationale des fréquences et se présente sous la forme d'un questionnaire de 24 questions projetées une par une, avec 22 secondes de réflexion pour chacune, soit une épreuve d'environ 25 minutes. Le questionnaire se répartit en trois parties, les généralités du service mobile maritime, la radiotéléphonie en bande VHF et l'utilisation pratique d'une VHF à appel sélectif numérique. La particularité du barème mérite d'être connue avant de commencer les révisions : la moyenne est exigée dans chacune des trois parties, ce qui interdit de compenser une faiblesse par un excellent résultat ailleurs.

L'inscription s'effectue directement auprès de l'ANFR, en ligne via son téléservice ou par courrier accompagné d'un chèque, pour un montant de 78 euros. Le dossier réclame une copie recto verso d'une pièce d'identité et une photographie d'identité couleur au format 35 sur 45 millimètres, conforme aux exigences officielles. Une photographie non conforme bloque la délivrance du certificat, ce qui constitue le motif de rejet le plus fréquent. Les résultats parviennent par voie postale une dizaine de jours après la session, et le certificat obtenu est valable à vie. Les sessions étant organisées département par département et se remplissant rapidement en période de préparation estivale, il est prudent de consulter le calendrier plusieurs semaines à l'avance. Ce tarif étant fixé par l'administration, une vérification reste conseillée avant de finaliser l'inscription.

VHF ASN et numéro MMSI : comprendre l'appel sélectif numérique

La VHF ASN intègre une fonction d'appel sélectif numérique qui transmet, en une pression prolongée sur un bouton dédié, l'identité du navire, la nature de la détresse et sa position si l'appareil est relié à un GPS. Cette transmission emprunte le canal 70, réservé exclusivement à ce trafic numérique et sur lequel aucune communication en phonie ne doit être établie. Le message est reçu simultanément par les CROSS et par tous les navires équipés à portée, sans qu'il soit nécessaire de prononcer un mot.

Cette fonction ne vaut cependant que si trois conditions sont réunies. L'appareil doit être programmé avec un numéro MMSI attribué par l'ANFR, faute de quoi l'alerte partira sous une identité vide et fera perdre un temps précieux aux opérateurs. Il doit être raccordé à une source de position, soit par son GPS interne, soit par une liaison avec le traceur de bord. Et la personne présente à bord doit savoir où se trouve ce bouton, protégé par un capot rouge que l'on ne repère pas dans l'urgence si on ne l'a jamais manipulé. Nous conseillons de faire manœuvrer ce capot par chaque équipier au moins une fois, en configuration test, lors de la première sortie de la saison.

Appel de détresse et canal 16 : la procédure qui fait gagner des minutes

L'appel de détresse en phonie s'effectue sur le canal 16, veille permanente assurée par les CROSS, et suit une trame stricte qui ne s'improvise pas. Le mot MAYDAY se prononce trois fois, suivi du nom du navire répété trois fois, puis de la position, de la nature du sinistre, du nombre de personnes à bord et de la nature de l'assistance demandée. Cette séquence paraît longue à l'écrit, elle dure moins de trente secondes une fois travaillée.

Trois niveaux existent et se confondent souvent dans l'esprit des plaisanciers. MAYDAY signale un danger grave et imminent menaçant la vie des personnes embarquées. PAN PAN correspond à une situation d'urgence sans danger vital immédiat, une avarie de moteur dans un secteur fréquenté par exemple. SÉCURITÉ précède un message relatif à la sécurité de la navigation ou à la météorologie. Utiliser le mauvais niveau désorganise la réponse des secours, dans un sens comme dans l'autre. Un conseil de terrain vaut ici tous les manuels : une fiche plastifiée reprenant la trame de l'appel, fixée à côté de la VHF avec le nom du navire et son MMSI déjà inscrits, permet à n'importe qui à bord de lancer l'alerte, y compris un équipier qui n'a jamais touché une radio.

Licence de station radio : le document qui concerne le bateau

La licence de station radio est délivrée par l'ANFR et se rapporte au navire, alors que le C.R.R. se rapporte à la personne, distinction qui échappe encore à beaucoup de plaisanciers. Elle est gratuite, doit être conservée à bord et mentionne l'indicatif d'appel ainsi que le numéro MMSI de l'installation. Cette obligation vaut même pour une simple VHF portative sans appel sélectif numérique, alors qu'aucun certificat d'opérateur n'est réclamé dans ce cas.

Un point pratique mérite attention lors d'une vente d'occasion. Le MMSI reste attaché au navire et à son propriétaire déclaré, il ne se transmet donc pas automatiquement avec la VHF. Une radio revendue conserve en mémoire l'identité de l'ancien bateau tant que la reprogrammation n'a pas été effectuée, et certains appareils grand public ne permettent qu'un nombre limité de modifications. Vérifier ce point avant l'achat d'une VHF fixe de seconde main évite un retour en atelier.

VHF fixe, portative et qualité d'antenne : construire une installation fiable

La VHF fixe délivre 25 watts et se trouve rendue obligatoire par la division 240 dès que la navigation dépasse 6 milles d'un abri, mais sa portée réelle dépend infiniment plus de l'antenne que de la puissance d'émission. En bande VHF, la propagation s'effectue quasiment à vue, ce qui signifie qu'une antenne en tête de mât sur un voilier porte trois à quatre fois plus loin que la même installation posée sur un roof de vedette. Sur un bateau à moteur, gagner un mètre de hauteur d'antenne apporte davantage qu'un changement de poste.

La fiabilité tient ensuite à des détails que le sel se charge de révéler. Les connecteurs coaxiaux mal protégés se corrodent en une saison et font chuter le rendement sans qu'aucun voyant ne le signale, d'où l'intérêt d'un contrôle annuel de la connectique et d'un joint de graisse silicone sur les embases. Une portative étanche flottante, chargée et rangée dans le sac de survie, constitue la redondance minimale à prévoir : elle continue de fonctionner quand le circuit électrique du bord ne répond plus, situation qui correspond justement aux cas où l'on a besoin d'appeler.

Pas systématiquement. En eaux territoriales françaises, le permis plaisance option côtière suffit pour utiliser une VHF fixe ou une portative à appel sélectif numérique. Le C.R.R. devient obligatoire dès que vous sortez de ces eaux ou naviguez à l'étranger.

Les droits d'inscription à l'examen s'élèvent à 78 euros, réglés directement à l'ANFR. Une préparation en bateau école ou en ligne s'ajoute éventuellement à ce montant, comptez de 50 à 150 euros selon la formule.

Non, le certificat est délivré à vie et ne nécessite aucun recyclage. La réglementation radio évoluant, une remise à niveau personnelle reste néanmoins utile après plusieurs années sans pratique.

Oui, l'inscription se fait directement auprès de l'ANFR sans passer par un organisme de formation. L'agence met à disposition un support de révision et un module d'entraînement en ligne.

Le C.R.R. certifie la compétence d'une personne à utiliser un équipement radio maritime. La licence de station autorise l'installation et l'exploitation de cet équipement sur un navire donné. Les deux sont nécessaires, et la licence est gratuite.

Oui, tout équipement radio maritime embarqué doit être déclaré à l'ANFR au titre de la licence de station, y compris une portative de faible puissance. Cette déclaration est gratuite et le document doit rester à bord.

Il ne faut jamais éteindre la radio. Annulez l'alerte selon la procédure de l'appareil, puis émettez immédiatement un message vocal sur le canal 16 en précisant le nom du navire, le numéro MMSI et l'annulation de la fausse alerte. Une alerte non annulée mobilise des moyens de sauvetage inutilement.