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Pat.

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conseils de spécialistes

Les 12 secrets du mi-air mi-eau révélés

Comme la photo d’épaves ou celle de grands animaux marins, le mi-air mi-eau est une technique de photo sous-marine qui plaît énormément à tous les plongeurs photographes. Montrer une moitié de l’image sous-marine et l’autre moitié terrestre crée en effet le lien pour le néophyte entre le milieu terrestre qu’il connaît et le monde sous-marin qu’on veut lui faire découvrir. Ainsi la corrélation se crée, générant une envie de découverte du milieu subaquatique.

Si de premier abord vous vous dites que cela paraît simple car à la surface et loin des profondeurs angoissantes pour certains, cette technique présente pourtant de nombreux pièges qu’il vous faudra apprendre à éviter pour produire des images intéressantes sans forcément plonger. Mais le plaisir de partager vos plus belles photos vous aidera à surmonter ces quelques contraintes techniques.

Photo Mi-Air Mi-Eau

Prendre des photo mi-eau mi-air ne demande en effet ni de plonger en apnée ni de plonger en bouteille, le randonneur palmé y trouvera son compte en toute sécurité !  Et que les allergiques au nitrox, paliers, décompression, ou les craintifs du barotraumatisme se rassurent, nulle technique de plongée sur cette activité très adaptée aux eaux chaudes, aux récifs coralliens et au farniente.

Je vous partage donc en guise de stage de photo sous-marine tous les trucs et astuces de la photo Sub mi-air mi-eau ou split en anglais es espérant vous donner envie de vous y initier.

Cette discipline est accessible à tous car se pratiquant à la surface de l’eau. Nul besoin même d’un baptême de plongée pour s’y initier.  Elle demandera par contre du matériel assez technique (ou de nombreux essais), et un appareil photo numérique étanche seul ne sera pas suffisant, ni même un appareil photo terrestre muni de son caisson étanche. Sur le plan du matériel de plongée par contre, un masque et tuba avec des palmes vous permettront de mettre le pied à l’étrier.

Piège numéro 1 : préférer un vrai dôme sec associé à une optique ultra grand-angle

Comme nous l’avons vu lors d’articles précédents, le complément grand-angle est indispensable sur votre appareil de photo sous-marine pour se rapprocher du sujet et limiter la couche d’eau qui dégrade l’image. Le plongeur débutant en photo sous-marine pourrait penser qu’il pourra aisément accéder à cette technique photographique en utilisant son complément humide (humide = qui s’enlève et se remet sous l’eau, prévu pour intégrer une couche d’eau entre le hublot et la lentille arrière du complément) pour compenser l’absence d’optiques grand-angles. Mais alors il tombera dans le premier piège, cette même couche d’eau supposée se situer à l’arrière de la lentille se videra à la surface à un rythme propre et différent de la vraie ligne d’eau de votre composition, générant une deuxième « fausse » ligne d’eau fort disgracieuse. Le complément humide n’est donc pas idéal pour le mi-air mi-eau. Cependant les photographes contraints par leur budget s’accrochent à leur matériel et font preuve d’ingéniosité. Ainsi une bande de chambre à air entourant la jonction du complément au hublot pourra retenir l’eau le temps de l’image. D’autres utiliseront du gaffer (scotch prisé des photographes animaliers). Mais le jeu est plus sportif. En terme de hublots donc, il vous faudra privilégier un véritable hublot sec pour grand-angle en forme de dôme.

Fcon T02

Vous l’aurez compris le mi-air mi-eau a une première contrainte : il vaut mieux le réaliser avec un vrai dôme sec et un objectif ultra grand-angle, si possible rectilinéaire (conservant les lignes droites). Bon malheureusement, qui dit ultra grand-angle dit hybride ou reflex, et dit prix astronomique. Ce n’est pas un piège, mais la triste réalité du photographe sous-marin. Allez courage, vous apprenez à faire de splendides mi-eau mi-air et au bout, il y a une surprise.

Piège numéro 2 : exposer au bon endroit

Le second piège du mi-air mi-eau est l’exposition… Un côté sombre, un côté clair, aïe, qu’est-ce que je sacrifie ? Deux solutions, soit vous compensez votre premier plan sous-marin au flash pour équilibrer, mais cela sous-entend que le sujet est à moins d’1.5m, sinon vos flashes ne servent plus à rien. Soit vous privilégiez la mi-journée, avec un soleil assez haut, qui pénètre l’eau et limite les écarts d’exposition. Le premier cas ne concernera évidemment pas les gros animaux, une baleine étant toujours à plus de 1.5m, à moins que vous ne photographiez son œil…

Cas numéro 1 : j’expose mon premier plan au flash

L’exposition au flash sous-marin déporté sera idéale pour optimiser un coucher de soleil magnifique. Car alors étant donné qu’à cette heure il n’y a plus de lumière sous l’eau, l’angle du soleil étant trop bas, on peut exposer sur le couchant en sous-exposant pour densifier les couleurs, et laisser le flash exposer le premier plan en mode TTL ou en mode manuel, avec un fond noir graphique. Sur des plans plus classiques en pleine journée, disons une méduse sous l’eau, et des îles en surface avec un ciel bleu, on exposera sur la partie immergée, sous-exposant donc la partie immergée, et on complètera l’éclairage de premier plan au flash externe. Le mode manuel, sur la technique du split, sera à privilégier afin de contrôler diaphragme et vitesse d’obturation.

Photo 2 Mi Air Mi Eau

Cas numéro 2 : tout en lumière naturelle

C’est le cas typique de la baleine, des requins de récif, dauphins ou raie Manta sur fond d’îles récifales… Ou également celui des jardins de corail en premier plan sous-marin d’un magnifique lodge pour plongeurs. Techniquement, on expose sur le ciel en sous-exposant légèrement et idéalement on travaille en milieu de journée pour ne pas avoir une différence d’exposition trop conséquente. Vos plongées se feront donc typiquement en milieu de journée.

Piège numéro 3 : effectuer sa mise au point correctement

En mi-air mi-eau, en raison de l’image virtuelle sous l’eau avec un dôme, la mise au point devra se faire sur le sujet sous l’eau.

Piège numéro 4 : gérer sa zone de netteté

Bien sûr, étant donné la différence de distance entre le premier plan et l’arrière-plan paysager parfois à l’infini, il faudra impérativement fermer le diaphragme au maximum, f16 étant une valeur moyenne, pour obtenir des prises de vue nettes. Du coup pour compenser il faudra réduire la vitesse ou monter les sensibilités, dans la limite permise par votre capteur pour éviter tout bruit numérique. Plus votre dôme est petit, plus l’image virtuelle sous l’eau sera éloignée et plus vous devrez fermer le diaphragme pour obtenir un premier plan ET un arrière-plan net.

Photo Mi Air Mi Eau

Piège numéro 5 : gérer la houle

Il sera préférable d’éviter les jours de houle forte pour réaliser des mi-air mi-eau précis, sinon il sera extrêmement difficile de gérer une séparation propre de votre image. Si vous êtes en éclairage naturel, des prises en rafale permettront de s’assurer d’avoir LA bonne image dans la série en cas de vagues trop fortes. Mais au flash, le temps de recyclage interdira cette pratique. Consulter le météo marine permettra d’éviter des conditions ingérables et peut-être de décider, ce jour-là, de se concentrer sur de l’image sous-marine et de modifier vos plongées.

Piège numéro 6 : le diamètre du dôme

Situation identique à la précédente : plus le dôme aura un diamètre important, et plus gérer la limite d’eau sera facile. De même, les limites d’eau paraîtront plus délimitées et plus naturelles dans l’image.

Piège numéro 7 : bien choisir sa focale

Pour un mi-air mi-eau réussi, seul un ultra grand-angle fera l’affaire. En effet il faut se coller au sujet pour que la partie sous-marine soit nette et non effacée par la couche d’eau. Par ailleurs l’effet du grand-angle permettra d’avoir un paysage suffisamment présent dans l’image. Un grand-angle rectilinéaire (conservant les lignes droites) sera à préférer pour ce type d’images à un fisheye circulaire déformant les lignes verticales des parties émergées de l’image. Il sera souvent préférable de trouver des arrière-plan proches (bateau, port, etc) car le grand-angle repousse le paysage dans les lointains et il faudra conserver une composition forte et dynamique.

Focale Photo

Piège numéro 8 : photographier en RAW

Exposer en mi-air mi-eau est toujours un choix de compromis, au vu de la différence d’expositions entre partie émergée et partie immergée. Choisir de photographier en RAW, c’est conserver tous les détails possibles de l’image pour optimiser vos choix en post-production et affiner votre balance des blancs, contraste, exposition. Vous n’aurez pas le choix, pour sortir de très belles images optimisées aux petits oignons, il faudra travailler à partir de fichiers RAW (reprise d’exposition, contraste, etc..).

Piège numéro 9 : Le choix de la composition

Oui, même la composition peut s’avérer être un piège pour le novice en mi-air mi-eau. Le fait d’utiliser un super grand-angle demande une composition « dans le sujet ». Votre sujet sous-marin devra être suffisamment proche pour être lisible dans la partie sous-marine, alors que côté paysage le grand-angle repoussera ce dernier vers les lointains. C’est pour cela que vous verrez la plupart des mi-air mi-eau avec des fonds très proches : bateau, port, maisons du rivage. Les îles présentant des reliefs montagneux conséquents se jetant directement dans la mer feront des sujets de choix.

Photo mi-air mi-eau avec des poissons et un bateau

Piège numéro 10 : Eviter les gouttez d’eau sur la partie émergée du dôme étanche

Les photos mi-air mi-eau nécessitent de sortir la moitié du dôme hors de l’eau. L’eau va ruisseler et laisser de magnifiques gouttes sur votre dôme, autant de tâches à nettoyer comme on peut sur Photoshop, mais cela peut vite devenir fastidieux.

Pour éviter cela chaque photographe a ses petits secrets, mais en résumé il suffit de protéger le dôme avec des solutions hydrofuges qui empêcheront la formation de gouttelettes. Évidemment je fais là appel à votre bon sens devant l’état déplorable de nos océans et milieux marins, pour ne pas utiliser la dernière formule de l’industrie chimique que l’on applique sur son pare-brise et qui évite de posséder des essuie-glaces… 

Quand nous aurons tous compris que TOUTES les formulations chimiques finissent dans la nature, et que la nature, c’est notre jardin, alors nous n’utiliserons plus que des solutions naturelles. Pour le coup je vous en donne trois : la pomme de terre coupée en deux que l’on passe sur le dôme, la salive copieusement appliquée, le shampoing pour bébé naturel et bio. Faites vos choix.

Piège numéro 11 : Gérer autofocus et composition

On vous demande donc de décaler vos compositions (en moitié sous l’eau, moitié sur, donc rien au centre) et d’effectuer votre mise au point sous l’eau. Donc soit vous déportez votre collimateur d’AF, soit vous paramétrez dans votre caisson un bouton de mise au point arrière distinct du bouton de déclenchement et qui vous permettra de gérer l’AF indépendamment.

Photo Mi Air Mi Eau Plongeur avec île en arrière plan

Piège numéro 12 : Préférer le viseur à l’écran

Avez-vous déjà essayé, en plein soleil, de regarder sur un écran à peine immergé ? Le mi-air mi-eau n’est pas l’ami de la visée par écran et il sera préférable d’utiliser votre visés réflex ou le viseur électronique de votre appareil hybride. Évidemment si vous avez un compact, il faudra faire avec et munir votre écran de son pare-soleil.

Tg 6
Pt 059
Viseur Loupe Pt 059

Le matériel idéal pour cette technique de photographie sous-marine sera donc un appareil photo muni d’une optique très grand-angle et son caisson avec un vrai dôme sec en hublot, ainsi qu’une platine avec deux poignées, deux bras de flash et deux flashes sous-marins pour déboucher vos premiers plans immergés.

Vous avez eu un bon récapitulatif des pièges de cette discipline, mais vous vous demandez maintenant quel serait l’équipement idéal pour pratiquer cette activité ?

Voici nos meilleurs choix de matériel de photo sous-marine pour le mi-air mi-eau en compacts, hybrides ou reflex :

Gopro

Gopro Hero 7 sur dôme sec

Gopro Hero7 Black
Dome Gopro

Dans la limite des capacités photo d’une caméra embarquée Gopro, cette solution est certes la plus économique pour s’amuser à la photographie sub mi-air mi-eau et la faire essayer par le plus grand nombre ! Le système intègre le caisson sous-marin étanche et le diamètre important du dôme permet des limites d’eau très fines et des clichés très intéressants, limités uniquement par les limitations photographiques de la Gopro.

Compacts Olympus TG-6 et caisson Ikelite

L’appareil numérique étanche Olympus TG-6, réputé pour ses qualités en macro, vient ici surprendre dans le domaine du mi-air mi-eau en profitant de l’adjonction de l’optique grand-angle directe FCON-T02, qui reproduit l’équivalent d’un 10-17 mm sur du format 35 mm, une optique grand-angle très recherchée en photo sous-marine, et surtout du caisson Ikelite associé à un tout nouveau dôme sec sorti par Ikelite à toutes fins d’optimiser le grand-angle avec ce boîtier sous-marin désormais légendaire. Le résultat est plus que troublant, lisez plutôt !

Grande nouveauté de cette DEMA, cet appareil photo de plongée est le premier à faire entrer un compact numérique dans le monde du mi-air mi-eau performant. Avec le complément optique fisheye FCONT02, l’appareil numérique étanche TG-6 devient un système de photographie ultra grand-angle extrêmement puissant, capable de mises au point minimales extrêmes, et associé au dôme Ikelite spécifique, de mi-air mi-eau d’une qualité inimaginable jusqu’à présent pour cet investissement.

Pack Tg6

Cet ensemble formidable permettra à la fois le grand-angle très proche pour des compositions sous-marines travaillées et des premiers plans très présents, mais aussi des mi-air mi-eau de très grande qualité puisque le dôme est de grande taille et surtout c’est un véritable dôme sec sur du très grand-angle. Enfin les mises au point minimales extrêmes du TG-6 (0 cm du dôme) permettront des compositions des plus originales, type macro dans le paysage, avec des plans en profondeur.

Longtemps attendue par les amateurs, cette solution offre enfin, sans se ruiner, une entrée sérieuse dans le mi-air mi-eau. Équivalent en focale à un 10-17mm sur plein format, la qualité des images supporte la comparaison avec le reflex si l’on ne demande pas bien sûr des tirages A2 !

10mm Fcon T02 Tg6
17mm Fcon T02 Tg6

Usage du fish eye Olympus FCON-T02 sur TG-6 équivalent d’un usage reflex plein format sur 10-17mm

Boîtiers hybrides 4:3

Olympus EM5-III et 7-14mm sur Ikelite ou Nauticam

On bascule ici sur une catégorie experte. Le format 4 :3 permet une miniaturisation intéressante pour le photographe sous-marin baroudeur. L’Olympus EM5III y rajoute les dernières améliorations de la marque en terme de capteurs et firmware. Associé au remarquable 7-17 rectilinéaire d’Olympus, correspondant à un 14-28mm en plein format, et caissonné en Ikelite ou Nauticam avec un véritable dôme sec, on dispose alors d’une bête de guerre pour le mi-air mi-eau sur un capteur de 20M de pixels !

Em 5
Caisson Etanche Na Em5iii

Panasonic GH5 et 7-14 mm Olympus

Le GH5 également au format 4 :3 représente une seconde solution très performante et compacte.

Gh5

Caisson Etanche Na Gh5

En boîtiers hybrides full frame ou boîtiers reflex numériques, les bons choix ne manquent pas. Nikon Z6 ou Z7, Canon EOS R, Sony A7 III, ou évidemment Canon 5DIV, Nikon D500 ou Nikon D850 apporteront toute satisfaction associés à une optique type 16-35 mm.

Alors à vos masques et tubas et partagez avec nous vos plus beaux clichés !

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