Entretien des joints de caisson étanche

Le caisson photo noyé n’est pas un mythe… Et l’expérience m’a montré que la noyade n’est pas toujours due à un joint. Voici les causes les plus communes par ordre d’importance sur un caisson photo de compact, que l’on récupère en magasin:

- oups, le cheveu ou la poussière dans le joint de dos, et oui, numéro un… l’inattention…

- l’exploit sportif : « Oh les fabricants prennent des précautions, c’est comme les dates de péremption sur l’alimentaire » Et vas y que je t’emmène mon nouveau jouet étanche à 45m , à 50 ou 55 m parce que ça va tenir. Râté, c’est comme le loto, peu d’élus, beaucoup de joueurs. Cela dit j’ai un gagnant à 70m sur caisson Olympus 45m (depuis il a noyé), on peut faire un concours, moi je vends et je regarde. J

- la prise d’eau par un bouton : les joints de bouton sont « sans entretien » oui mais non.

- la fissure du corps de caisson, souvent due à un pas de vis de platine trop long qui vient buter sur le caisson dans le cas des caissons en plastique, on force pour éviter la rotation de ladite platine et Hop, on appelle son conseiller favori pour remplacer son matériel. 

Nettoyer le joint de caisson photo

Je n’ai jamais noyé mon caisson. Mais m’impose une checklist et un entretien rigoureux (OK soyons honnêtes, mon binôme m’a une fois sauvé d’un joint pincé sur un caisson de reflex Ikelite).

Noyer c’est facile. Un instant d’inattention dans la check list des contrôles du compact et caisson lors de la préparation et tout est possible... 

 

Le dessalage 

Le sel est l’ennemi numéro 1 de vos joints. Et le dessalage après plongée est une étape indispensable. De plus en plus de centres de plongée disposent de bacs de rinçage dédiés à la photo (pour éviter la noyade en bac, une cause également fréquente de mort prématurée des compacts par ingestion d’eau douce suite à un choc du copain qui secoue sa combi pour en chasser le sel…). Sur les bateaux de croisière il faudra vous contenter souvent d’un seau et du jet, donc à minima en attendant le grand dessalage du retour.

 

La recette d’un bon dessalage :

- laissez tremper 10 minutes

- appuyez sur tous les boutons du caisson, compact éteint bien sûr, pour faire entrer l’eau douce et chasser le sel sur les joints de bouton

De retour d’un voyage, même cérémonie dans la baignoire remplie d’eau additionnée de vinaigre ou liquide vaisselle. Pas besoin de vider la bouteille cela dit, car le liquide vaisselle est un dégraissant, donc risque potentiel pour la graisse des boutons non remplacée. Comme pour la graisse silicone sur le joint de dos, la modération vous épargnera d'autres déboires et personnellement je n'en utilise qu'un petit filet pour accélérer la dissolution du sel… Et ce coup ci laissez tremper plusieurs heures, vous éviterez des surprises futures sur les joints de boutons.

 

Le nettoyage du joint de dos 

En raison des ouvertures et fermetures incessantes, ce dernier est un joint d’entretien, donc nécessite…un entretien. Quand cela ? Quand vous voyez les petits points blancs des concrétions de sel déposées contre le joint, il est temps de nettoyer ce dernier :

Nettoyer son jointNettoyer un joint de caisson de plongée

 

Je retire le joint de dos en le pinçant avec deux doigts écartés (doigts, pas ongles, les joints n’aiment pas les ongles longs, ni le sel, d’ailleurs…), doigts que l’on rapproche en exerçant une pression sur le joint. Ce dernier se tord et sort de sa gorge et un troisième doigt vient le cueillir.

 

 

 

 

Nettoyer un joint de caisson de plongée                                                             

Je prends un coton tige préalablement humidifié et je nettoie la gorge du joint, ainsi que le côté opposé sur lequel il s’écrase. Je rince mon joint à l’eau douce. Je sèche mon joint avec un linge non pelucheux en le tamponnant.

 

 

 

 

 

 

Nettoyer un joint de caisson de plongée

Nettoyer un joint de caisson de plongée

Je me munis du tube de graisse siliconée achetée sur Subchandlers et spécifique à mon joint. Joints durs chez Canon, Inon, joints mous chez Ikelite.

J’en mets à peine sur le bout de mon doigt. (j’ai déjà eu droit à la tartine de graisse siliconée qui dégorge de la gorge en question, ayant évidemment débouché sur une noyade par empêchement du joint à se dilater…) et fait rouler le joint entre deux doigts pour l’enduire de graisse. Il doit être juste luisant et la graisse non visible.

 

 

Je repositionne le joint dans sa gorge toute propre ET je vérifie qu’il ne s’y est pas collé un poil, cheveux, poussière ou autre.

Allez ça suffit on referme la bête qui peut aller prendre l’eau sans prendre l’eau…

 

La noyade 

 

Bon c’est fait. Si vous avez été malin et que vous avez pris un TG-4 Olympus dans son caisson étanche, pas de panique, on remonte tranquillement en prévenant son binôme dans la limite des 15m, j’ai vu du TG-3 noyé parce qu’il se baignait tout nu mais jamais avec son PT-056. 15m, en plus, ça tombe bien, c’est le pallier profond. On ne noie pas un TG-4 dans son caisson. Pas possible.

Bon ce n’est pas un étanche dans un étanche ? Alors profitez de votre plongée et oubliez votre appareil. C’est trop tard. L’eau salée ne pardonne pas, l’eau douce si.

En cas de noyade dans de l’eau douce, justement. Première chose, n’allumez surtout pas. Ouvrez le caisson, retirez le compact, enlevez les accus et la carte (allez on active, y a de l’espoir), laissez l’eau s’écouler. Placer l’appareil dans un endroit sec et laissez le sécher doucement. Genre sac de congélation à moitié rempli de riz, sopalin par-dessus pour protéger le compact des poussières, et on referme. Idéalement un sac de silicagel. Une fois qu’il est sec et bien sec, remettre les accus, et allumer l’appareil. Il se peut qu’il reparte. Tout au plus aurez vous alors des traces de séchage interne sur l’optique.

Que se passera t’il si vous cherchez à rallumer avec les accus, l’appareil étant encore mouillé à l’intérieur ? Manuel de l’électronique. Page court-circuit : appeler Subchandlers pour racheter un appareil…